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Culture Populaire/Contre-Culture

Mercredi 7 juillet 2010 3 07 /07 /Juil /2010 12:16

Le numéro 21 de Barricata,
fanzine de contre-culture antifasciste et libertaire sort ce Jeudi 8 juillet 2010.

Barricata 21 - Été 2010 - 76 pages.

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La vie du fanzine :

Décidément, on entame toujours cette rubrique avec le même couplet : « Nous sommes en retard ! » Et généralement, on poursuit en affirmant que nous n’avons plus de sous. Une fois de plus, nous ne manquerons pas à cette tradition : les caisses de Barricata sont à sec, on a juste assez pour payer l’expédition, pas pour payer l’imprimeur.
Alors si vous pouvez, filez-nous un coup de main.
Barricata a 11 ans. Au cours de cette longue histoire, nous avons connu plusieurs formules : format A5 photocopié (5 numéros), format A5 duplicopié (5 numéros), format A4 imprimé à hauteur de 2000 exemplaires (11 numéros).
Tel quel, nous arrivons au terme de la formule que vous aurez entre les mains : format A4, couv en quadri, pages intérieures en noir et blanc, diffusion DIY. Depuis un moment, nous aspirons à renouveler la forme (en passant en bichromie), à faire encore évoluer le contenu et à augmenter la diffusion. Pour y parvenir, il y aura nécessairement des changements. Vous les constaterez de visu en octobre prochain. Nous sommes contents de finaliser ce dernier numéro de la formule 3 de Barricata en parlant de luttes des femmes.

C’est un thème que nous avons peu abordé dans le fanzine : certain-e-s trouveront peut-être ce dossier passablement timoré ou un peu polémiques. Sachez que notre pensée n’est pas figée, qu’elle se définit au gré des rencontres, des discussions, des questionnements.

Au sommaire :

- Apéro saucisson-pinard : une manipulation réussie
- Peut-on critiquer Israël ?
- Didier Bernard des Conti, un combat pour la dignité ouvrière
- Les Skalopes passent sur le grill
- La dope : toujours au service du pouvoir
- Interview de Joke
- Dossier : Femmes, debout ! (30 pages !)
(La lutte des femmes de People & Baby, Un questionnaire nous questionne,
Interview de Sharon Woodward, les Communeuses, interview de Martine Storti,
interview de Corinne du Planning Familial, Les Mujeres Libres,
Quand je dis oui, c'est oui, mais quand je dis non, c'est non)
- Histoire : Erich Mühsam
- Interview de The Midnight Rovers
- David Morgan Thomas, un romancier social
- interview de Strike Anywhere
- Stratégie de paix : rap conscient
- Interview de Napalm Death
- Chroniques de livres, zines, disques

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EN FRANCE :
envoyer (en chèque à l'ordre de Barricata ou en timbres) :
- 1 numéro : 4 euros port compris,
- Abonnement d'un an (3 numéros) : 10 euros port compris

AUTRES PAYS :
Paiement Paypal à l'adresse barricata@barricata.org
Pour 1 numéro : 5 euros port compris,
Pour un abonnement d'un an (3 numéros) : 15 euros port compris

COMMANDES EN NOMBRE :
Nous contacter

BARRICATA
21 ter, rue Voltaire
75011 Paris
France
E-mail : barricata@barricata.org
Site Web : http://www.barricata.org
ISSN : 1954-4049

À bientôt,

Amitiés libertaires et antifascistes,

Barricata

Qui sommes-nous ?
Le fanzine Barricata existe depuis 1999. Longtemps à parution épisodique, il est désormais trimestriel. Il est diffusé à hauteur de 2000/2200 exemplaires dans les lieux militants, en librairies, chez des disquaires, lors de concerts ou de manifestations ainsi que par correspondance.
Il est animé par une poignée de militants libertaires et d’activistes musicaux issus des mouvances RASH (Red & Anarchist Skin Heads, section Paris-banlieue) et anarchopunk. Viscéralement opposés à l’enfermement d’État, au système capitaliste, à toutes les formes de fascisme, investis dans les combats de notre temps, convaincus qu’un autre futur est possible, nous ouvrons nos colonnes aux dissidents culturels, politiques et anarcho-syndicalistes.

Par CNT Supérieur Recherche 87 - Publié dans : Culture Populaire/Contre-Culture
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Vendredi 2 juillet 2010 5 02 /07 /Juil /2010 17:21

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Marins, marchands et pirates  dans le monde anglo-américain, 1700-1750.

 

« J’ai essayé dans cette étude de reconstituer les expériences des marins ordinaires au cours de la première moitié du XVIIIe siècle, afin de poursuivre et de développer le travail de défrichage de Jesse Lemisch, et de le faire dans l’esprit de "l’histoire du bas vers le haut". Bien qu’ayant nécessairement étudié les marchands, les capitaines, les sous-officiers et les officiels du royaume qui ont encadré la vie du marin, j’ai porté mon attention sur "Jack Tar" – nom symbolique du marin dans le monde anglophone – ses espoirs, ses peurs, ses aspirations, ses défaites et ses victoires. »

 

Dans cette étude de référence, publiée en 1987 par Cambridge University Press, Marcus Rediker défend que les marins du XVIIIe siècle ne sont pas des personnages romantiques ou exotiques, mais de simples prolétaires partant en mer, issus du premier groupe important de travailleurs ayant vendu leur force de travail aux capitalistes marchands, eux-mêmes au service de l’économie mondialisée.
Ils ont été au cœur du processus historique qui a radicalement transformé le monde. Leur travail a quadrillé le globe en structures de production, d’échange et de communication. Ils ont été, en plus de cela, au centre des conflits de classe qui ont émergé à partir du XVIIIe siècle et ont inventé la grève, qui deviendra l’une des armes les plus importantes du prolétariat mondial. Ils ont également relié diverses catégories de producteurs – esclaves, domestiques, artisans  – à travers l’espace et le temps.

 

Professeur d’histoire à l’université de Pittsburgh, spécialiste du monde de la mer, Marcus Rediker, né en 1952, est l’auteur de L’Hydre aux mille têtes (Amsterdam, 2008), The Slave Ship (Viking/Penguin, prix George-Washington 2008) et Pirates de tous les pays (Libertalia, 2008). Historien engagé, il considère les marins et les pirates comme les ancêtres des mouvements anticapitalistes contemporains.

 

http://editionslibertalia.com/

 

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Par CNT Supérieur Recherche 87 - Publié dans : Culture Populaire/Contre-Culture
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Mardi 27 avril 2010 2 27 /04 /Avr /2010 07:12

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Programmation pour le Fallope Fest’ sur le thème de femmes et militantismes

Journée du 13 mai :
- projection/débat l’après-midi sur Féminisme et sexualités (en non mixité) en centre ville (salle Blanqui 2 derrière la mairie).
- un concert electro à la Fourmi avec "Kings queer", "human toys", "grace & volupté van van"

Journée du 14 mai à la fac de lettres

- le matin, un stage d’autodéfense (en non mixité) à la FLSH
- un repas solidaire organisé par la Coop Cafet (FLSH)
- un débat sur la participation des femmes espagnoles à la lutte antifasciste avec deux intervenantes en 2ème année de doctorat à Paris.
- La projection d’un film
- Des ateliers artistiques, réalisation d’une fresque en graff sur les luttes des femmes…
- un concert à la FLSH avec "Hunam", "Nuit Rouge", "Cartouche"

Journée du 15 mai:

- Projection/ débat sur l’association de la lutte antisexiste avec les luttes sociales en centre ville (salle Blanqui 2 derrière la mairie).
- un concert à la Fourmi avec "Flaming Pussy", " Betty boots", "Sisterhood Issue"

 

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Par CNT Supérieur Recherche 87 - Publié dans : Culture Populaire/Contre-Culture
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Lundi 22 mars 2010 1 22 /03 /Mars /2010 14:48

Les mots sont importants: vivre dans l’omission de cette évidence laisse la voie libre aux plus lourds stéréotypes, amalgames, sophismes et présupposés. Depuis dix ans, le site « Les mots sont importants » publie des analyses sur la manière dont est socialement construit l’espace public légitime, et sur ce qu’il produit : entretien des préjugés et des politiques racistes ; légitimation de l’oppression dite « sécuritaire » ; occultation des questions dites « mineures » comme le sexisme ou l’homophobie ; triomphe du mépris de classe et de la « guerre des civilisations »…


Ce recueil rassemble 28 contributions.


- Le premier chapitre analyse de quelle manière la parole populaire est confisquée par ceux qui prétendent la recueillir et la publiciser : les éditorialistes, armés de sondages, qui font dire à « l’opinion publique » absolument tout ce qu’ils veulent.


- Le second chapitre revient sur le tournant antipopuliste de ces mêmes éditorialistes à chaque fois qu’émerge une expression populaire authentique et autonome (grève, émeute, victoire du « non » au référendum sur l’Europe).


- Le troisième chapitre analyse, sur des cas précis (émeutes, faits divers, commémorations), quelques formes de « mauvais traitements médiatiques » : stigmatisation des pauvres et des étrangers, légitimation de la violence économique, raciste, sexiste, homophobe.


- Le quatrième chapitre est consacré au deux poids deux mesures qui se manifeste dans la manière de publiciser, réprouver et combattre les différentes formes de violence raciste ou sexiste (affaires Dieudonné, Redeker, Devedjian, etc).


- Le cinquième chapitre déconstruit quelques « gros concepts » : des mots comme « communautarisme », « diversité », « mixité sociale », « repentance » ou « honte d’être français », qui ont pour fonction essentielle d’intimider et d’empêcher de penser.


- Dans le sixième chapitre, nous proposons des analyses qui ont en commun d’aller à contre-courant des interprétations dominantes de divers phénomènes : le racisme, la nature du sarkozysme et les raisons de son succès, les enjeux de la lutte contre le sexisme en banlieue, mais aussi la construction même de cet objet politique très particulier qu’est « la banlieue ».


- Nous avons enfin réuni, pour finir, plusieurs textes sur le sexisme, et plus précisément sur les formes machistes et virilistes du sexisme telles qu’elles se manifestent dans les hautes sphères de la politique, de la culture et de la communication, aussi bien chez Julien Dray que chez Eric Zemmour, Dominique de Villepin ou Nicolas Sarkozy...

http://editionslibertalia.com/

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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 08:39

Claude Guillon vient de publier La Terrorisation démocratique (Libertalia). Barricata hiver 2010.
On peut se procurer ce petit livre à UNDERSOUNDS, 6 rue de Gorre Limoges (place du présidial) ou en cliquant sur le lien suivant:
http://editionslibertalia.com/La-Terrorisation-democratique.html

     


 Tu viens de publier La Terrorisation démocratique, qui décortique l'arsenal législatif français et européen en matière d'antiterrorisme. Peux-tu développer la thèse du livre et comparer les situations de 1986 et d'aujourd'hui?

Le mot « thèse » est trop solennel ! Le propos du bouquin est d'éclairer la nature et l'histoire des lois dites « antiterroristes », à l'échelle nationale et européenne. Une bonne partie de l'opinion, y compris dans les milieux militants, a découvert l'existence et certains détails de ces textes à l'occasion de l'affaire de Tarnac. La réaction la plus courante a été de dire : « Mais c'est n'importe quoi ! Un terroriste c'est pas ça ! Pas un mec qui est accusé, et sans preuves par dessus le marché, d'avoir retardé un TGV pendant quelques heures ! » C'est un point de vue naïf et surtout très mal informé.
Les textes adoptés d'abord par l'Union européenne après le 11 septembre 2001, puis par les différents États, permettent de qualifier de « terroriste » tous les délits sans exception, y compris les actions politiques ou syndicales dès lors qu'elles sont en marge de la loi. Les textes dits « antiterroristes » ont d'abord rompu avec le droit commun.
En France, c'était au milieu des années 1980, puis ils ont créé ce qui est aujourd'hui le droit commun. La règle est simple : l'État décide de ce qui mérite d'être qualifié « terroriste » et réprimé comme tel. C'est important de comprendre l'évolution qui s'est faite en vingt ans, parce que aujourd'hui ça n'a aucun sens de parler d'abroger les textes antiterroristes, comme si c'était une espèce d'excroissance qu'il suffirait de couper. C'est un ensemble logique de textes sur le « terrorisme », sur l'immigration, sur la délinquance, notamment celle des jeunes.
La logique dont je parle, c'est ce que j'appelle la « terrorisation ». Mais dans leur prétention à contrôler tous les aspects de la vie, ces textes sont parfois délirants, souvent empilés les uns sur les autres sans souci de cohérence ou même d'« efficacité ». Ça peut donner, par exemple dans l'affaire de Tarnac, cette impression fausse de gros bordel ridicule, de « bavure », de n'importe quoi.

Dans le dernier chapitre de ton livre, tu évoques la multitude de fichiers à disposition des forces de répression. Besson vient d'abandonner les test ADN. Le gouvernement recule-t-il face à la fronde liée à l'après Tarnac ? Ou bien s'agit-il d'un simple recul conjoncturel et stratégique ?

Le bouclage du livre a eu lieu trop tôt pour confirmer cette reculade, mais j'avais noté que personne n'avait voulu publier les décrets d'application du texte… D'ailleurs, au moment où les tests sont introduits dans la loi, il y a déjà des critiques assez fermes dans les rangs de la droite.
Pour dire ça en termes de classes, une fraction de la bourgeoisie, et pas la moins droitiste, a crié casse-cou, parce que ça rappelle quand même fâcheusement de sombres périodes, comme on dit, et sans doute surtout parce que ça touche à un des fondamentaux de l'ordre bourgeois : la famille, la filiation et donc l'héritage. Pour répondre à ta question, je pense que ça reviendra un jour ou l'autre : parce que c'est dans la logique du marché de la « sécurité biologique » – on peut déjà acheter des tests de paternité sur Internet – et parce qu'il y a une autre logique qui est de produire sans cesse de nouvelles réglementations.
Ces deux logiques s'alimentent évidemment l'une l'autre : quand un moyen technique de contrôle existe, on le légalise et on le commercialise.

A propos de terrorisation, tu évoques deux « figures dangereuses combinées », le jeune et l'étranger. Ne manque-t-il pas le travailleur qui revendique ?
 
Le travailleur en lutte, on pourrait dire aussi l'activiste politique, est bien concerné, mais en quelque sorte en bout de chaîne. De telle manière que s'il est concerné, il ne se sent pas concerné, au moins jusqu'à maintenant. Les figures dangereuses que sont les jeunes délinquants et les étrangers, considérés comme délinquants du seul fait de leur présence « illégale », ont été très tôt associées à celle du terroriste.
C'est devenu caricatural dans l'action de quelqu'un comme Sarkozy, déjà quand il était ministre de l'Intérieur. Dès 1986, on introduit dans la définition légale une notion de « subjectivité », c'est-à-dire d'élasticité, du point de vue du pouvoir. Après le 11 Septembre, les textes européens dressent carrément la liste des actes susceptibles d'être classifiés « terroristes ».
 On y trouve presque tout, y compris le répertoire militant : occupations, sabotages, etc. Ce sont les intentions terroristes qui comptent, et bien entendu, ce sont les flics et les magistrats qui décident de tes intentions !

Peux-tu nous dire comment le mandat d'arrêt européen, qui est encore mal connu, s'inscrit dans ce dispositif…

Ce mandat est dans la logique d'harmonisation répressive qui prévaut dans un espace géographique de plus en plus large. Il se présente comme une politesse que se font entre elles les démocraties ; c'est une manière de reconnaissance judiciaire comme on parle de reconnaissance diplomatique.
Concrètement, ça signifie que n'importe quel magistrat de n'importe quel pays de l'UE peut lancer un mandat d'arrêt contre n'importe quel ressortissant d'un autre pays de l'UE. Un exemple : j'ai participé à une manifestation à Gênes ; je rentre chez moi à Paris ; un magistrat italien, qui pense que c'est moi la cagoule floue à gauche sur la photo, peut me faire arrêter trois mois plus tard par les flics français.
La justice française, ou mon avocate, ne peuvent s'opposer à l'exécution du mandat que dans un nombre limité de cas. Les premiers visés par des mandats européens ont été des autonomistes basques. C'est un instrument de répression politique dont on n'a pas encore pris la mesure, que la gauche française a encouragé et dont elle se félicite à chaque occasion !

Tu as récemment publié deux autres livres. Le premier porte sur la notion de corps critique, l'autre sur les Enragés. Comment articules-tu ta réflexion ? Quel est le lien entre le corps, l'histoire politique et la législation antiterroriste ?

Là, ça a un côté « ma vie, mon œuvre »… Je vais essayer de faire court ! Je me considère d'abord comme un militant anarchiste ; l'écriture est pour moi un outil privilégié parce que c'est celui que j'utilise le moins mal. Enfin, c'est ce qu'on m'a fait croire à l'école !
Dès mes premières publications, je me suis inscrit dans un courant de réflexion sur l'importance du corps en politique qui avait comme traduction immédiate les luttes de l'époque (fin des années 60- années 70) pour l'avortement et la contraception libres, les luttes féministes et homosexuelles, et comme antécédent immédiat les tendances radicales de la psychanalyse, essentiellement Wilhelm Reich et sa Sexpol allemande ou plus lointain avec les utopies amoureuses fouriéristes.
L'effort de Reich, dans les années 30, portait sur l'articulation entre corps, inconscient et politique, notamment au travers de l'épanouissement érotique. Dans le livre récent auquel tu fais allusion, j'ai essayé de donner chair à la notion de « corps critique », comme on parle d'esprit critique, au moment où des scientifiques, des artistes d'avant-garde et des activistes illuminés tentent de mettre en pratique un « dépassement » du corps que j'identifie à la fin des utopies libertaires.
La révolution française, maintenant. Je pense, avec bien d'autres (Kropotkine, Guérin, etc.) que c'est une matrice qui n'a pas produit tous ses effets. Elle est, malgré une production historienne surabondante, encore trop mal connue et mal comprise. J'ai choisi de m'intéresser à la fraction qui me semble la plus radicale, et la moins étudiée aussi, celle des Enragé(e)s ; je marque bien le « e » du féminin parce que plusieurs des figures les plus intéressantes sont des femmes et qu'elles posent en actes un certain nombre de problèmes auxquels nous nous heurtons encore aujourd'hui. Par ailleurs, je pense que pour qui s'intéresse à la démocratie directe, l'étude de la Révolution française est indispensable.
Par rapport à ces questions de fond, l'analyse de l'arsenal « antiterroriste » peut sembler anecdotique, quoique ça n'est pas sans rapport avec l'histoire puisque durant la période de la Terreur, on a centralisé à Paris les procédures contre les conspirateurs, comme aujourd'hui les procédures antiterroristes. Et pas non plus sans rapport avec le corps, puisque c'est de plus en plus le support même de l'identité et donc la cible de la surveillance, avec la biométrie. Disons que la proposition de Libertalia m'a permis de refaire le point sur une question d'actualité, sur laquelle j'avais déjà commencé à travailler après les émeutes de 2005 et l'état d'urgence, qui n'avait, soit dit en passant, pas suscité beaucoup plus de réactions que les lois antiterroristes.

Par CNT Supérieur Recherche 87 - Publié dans : Culture Populaire/Contre-Culture
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