Une nouvelle attaque sur le concours de l'enseignement

Publié le par CNT Supérieur Recherche 87

Le Ministère de l'Education Nationale a annoncé, mi-juillet, le nombre de postes ouverts aux concours de l'enseignement. Cette nouvelle intervient, bien-évidement, pendant les vacances, pour profiter de l’incapacité à organiser une lutte et le mettre en évidence.

En effet, 11.600 postes sont ouverts pour 2011, pour les concours externes de recrutement d'enseignants, contre 15.125 l'année passée (15.600 en 2009, 18.600 en 2008 et 22.000 en 2007...).

L'accessibilité au concours professorat des écoles sera lui carrément divisé par deux ! (3.000 postes aux concours externes en 2011 contre près de 6.000 l'an dernier).

Nous craignons que cette tendance à la forte baisse ne s’accentue dans l’avenir. Cela fait plusieurs années que le gouvernement s'emploie à mettre au banc l'éducation et cette nouvelle réduction des postes intervient en parallèle avec la réforme sur la formation des enseignant-es qui provoqua un vaste mouvement de contestation dans les IUFM et universités.

Le gouvernement justifie cette baisse par son dogme sur les retraites et sa politique anti-fonctionnaire : le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partants à la retraite. Les enseignants seraient donc, selon l’Etat, actuellement en « surnombre » ignorant délibérément une démographie scolaire (élèves, étudiants) en augmentation( + 20.000 en 2009) et qui va se poursuivre avec les baby boom de 2000.

Cette attaque est bien lourde de conséquences pour les étudiant-es qui se préparent depuis plusieurs années à ces concours (environ 200.000 par an) car les chances de réussites seront divisées par deux. Ils devront s'inscrire en Master deuxième année sous souhait de devenir enseignant-e, et devront également, la même année, valider leur diplôme, effectuer un stage pratique (dévalorisé, moins payé, consolidant la précarité) et réussir leur concours. Bref c'est une impasse professionnelle et universitaire: réussir son master et échouer son concours.

De plus avec la LRU et la mastérisation, les nouvelles maquettes donnent une répartition inégalitaire entre les régions pour l'accès à ces formations et ne permettent pas d'assurer l'accès et les conditions de réussites sur l'ensemble du territoire.

Après l'augmentation constante des frais d'inscription, des tickets de restaurants universitaires, des cotisations à la sécurité sociale étudiante, l'entrée des banques dans le système universitaire par cartes monéo... La stratégie du pouvoir et la classe capitaliste visent à faire payer leur crise aux étudiant-es et aux travailleurs-euses que ce soit en entravant les conditions de vies, de travail ou dans la formation et les perspectives professionnelles.

Une fois enseignant-es, ils seront habitués à une précarisation des conditions de travail, permettant au ministère de stigmatiser les plus anciens, dans la lutte depuis des années .

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