Réforme de l'IUFM

Publié le par CNT Supérieur Recherche 87

NON À LA MASTERISATION

DE LA FORMATION DES ENSEIGNANTS !

 

 

 AVANT LA MASTERISATION:


Même si elle ne conduisait pas à l’obtention d’un Master, la formation des enseignants se faisait actuellement en 2 ans. Une année de formation professionnelle en alternance et rénumérée succèdait à l'obtention d'un concours national qui se préparait sur une année complète (que l'on souhaite devenir prof des écoles ou prof du secondaire).

La formation professionnelle dans les IFUM était loin d’être exempte de reproches : formateurs déconnectés du terrain, emprise des didactitiens au détriment des pédagogies coopératives, ... Elle avait au moins le mérite d’exister. L’alternance, même imparfaite, entre pratique et théorie permettait une formation articulée sur une expérience concrète et progressive d’enseignement.


APRES LA MASTERISATION :

 

Avec la  réforme, seul le contenu des concours va former les futurs enseignants, en remplacement d’une formation professionnelle sérieuse sur le terrain.

Les stages en responsabilité ne dureront que quelques semaines, à la différence du stage réalisé après l’obtention du concours durant lequel le stagiaire a en charge des classes d’un bout à l’autre de l’année.

Cette réforme permettra à l’état de ne plus payer la 2e année d’IUFM des stagiaires. Pour ceux qui veulent être enseignants, il faudra donc trouver le moyen de se financer plus longtemps.


Avec cette réforme, il faudra, pendant la deuxième année de Master :

préparer un concours exigeant

s’initier à la recherche à travers l’écriture d’un mémoire

se former à un métier (et même à des métiers puisque les futurs Masters ne doivent pas se restreindre à l’enseignement).


Pour l'état, il n'est bien sûr pas question de rémunérer ce Master. De plus, on sait déjà que les étudiants qui réussiront le Master mais échoueront au concours viendront grossir le contingent des vacataires potentiels.
 

Déjà, dans de nombreux pays, les enseignants sont recrutés par les chefs d’établissements (conditions de travail et défense collective mises à mal) ; c’est ce système qui risque de se mettre en place avec la masterisation. La réforme met donc en place les éléments nécessaires à la casse du statut des enseignants du secondaire et du primaire.

- Refusons d'être référents pour les nouveaux stagiaires !

- Refusons que des conventions de stage soient signées dans nos établissements !

- Agissons pour obtenir une véritable formation professionelle en alternance où la validation serait l'oeuvre des pairs et no ndes experts !

 

Le consensus autour du niveau de recrutement des futurs enseignants du premier et second degré à Bac+5 dissimule assez mal la sélection sociale à l’oeuvre. Le fossé entre des enseignants «bien nés» pour l’école et des enseignés, pas toujours très bons élèves, risque de se creuser encore plus.

 

Confédération Nationale du Travail - Fédération des Travailleuses/eurs de l'Education

 





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