Références de la CNT

Publié le par CNT Supérieur Recherche 87

 


Le syndicalisme révolutionnaire

                                                                                                  
Le syndicalisme révolutionnaire de la CGT d’avant la guerre de 14-18, est bâtie en grande partie par des militants issus de l’anarchisme, avec certains principes hérités de cette idéologie (démocratie directe, autogestion), mais en rupture avec l’organisation politique de type "parti", et en développant des modes d’action propres: grève générale expropriatrice. Le syndicalisme révolutionnaire est également né contre le développement d’un anarchisme individualiste exaltant la valeur de l’individu au détriment de la société humaine, et usant paradoxalement de l’arme terroriste instrumentalisant la vie humaine.
Le syndicalisme révolutionnaire, s’il a interprété l’analyse économique marxiste, s’est également construit contre les partis politiques et organisations dogmatiques d'obédience marxistes, anarchistes... le premier combat de la CGT naissante a été d’empêcher son instrumentalisation par les partis.
Le Syndicalisme révolutionnaire a contribué à l'émergence d'une véritable contre-société ouvrière et une véritable conscience de classe ancrée dans la population: sports, éducation populaire, formations de classe, informations et sensibilisations, loisirs, presse, théâtre, musique, entraide, mutuelles, coopératives de production et de distribution, dispensaires de soins et de prévention de santé en lien avec l’activité de travail (et donc les syndicats et les fédérations pour les risques professionnels), planning familiaux, associations de locataires et de consommateurs, bureaux de placement des chômeurs, bourses du travail…

 

Après la guerre de 1914-1918 et la Révolution russe, quelques syndicalistes révolutionnaires changèrent leur position quant à la neutralité syndicale envers les partis et les groupements philosophiques.
" La Charte d'Amiens, rappelait Pierre Besnard, contient six affirmations capitales, qui sont les fondements du syndicalisme. "
Ce sont :
l'affirmation d'unité ;
l'affirmation de lutte de classe ;
l'affirmation de la nécessité de la lutte quotidienne dans le régime actuel ;
l'affirmation de la capacité d'action révolutionnaire des syndicats ;
l'affirmation d'indépendance et d'autonomie ;
l'affirmation d'action directe et de neutralité envers les partis et les groupements philosophiques. "
Ces principes forment un tout.


"Il est clair, continue-t-il, qu'en cessant de respecter l'un ou plusieurs d'entre eux, on ne pouvait que provoquer l'écroulement de l'édifice".


La défaite du syndicalisme révolutionnaire, après 1918, sera concrétisée par la rupture générationnelle engendrée par la guerre,la victoire du courant social-démocrate puis du Parti communiste. C’est ensuite, après un épisode dans la CGT-U avec les " communistes ", la CGT-SR (" SR " pour syndicaliste révolutionnaire) qui a repris le flambeau du syndicalisme révolutionnaire, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.

L’anarchosyndicalisme


L’anarchosyndicalisme de la CNT espagnole s’affirme, depuis le début du XXe siècle jusqu’à 1936 comme la principale organisation révolutionnaire espagnole. Contrairement à la plupart des pays occidentaux, la bolchevisation des courants révolutionnaires et syndicaux suite à la révolution russe n’est pas parvenue à absorber ceux espagnols. Le mouvement libertaire est très fort et développe une grande influence auprès de la population, grande influence qu'il a acquis à travers le syndicalisme de la CNT qui opéra une grande action d'éducation populaire, laique, autogérée,des pédagogies alternatives et rationnelles, des athénés culturels, de réflexion sociale, politique, économique, artistique, sexuelle (car le monde ouvrier était maintenu dans l'ignorance la plus totale)mais également une action syndicale directe avec la réappropriation des moyens de production par les producteurs eux-mêmes, la collectivisation et l'autogestion.
La FAI (Fédération anarchiste ibérique) se crée pour assurer un contrôle politique (face aux partis) de l’organisation syndicale, contrôle qui suscita des contestations car contradictoire avec l'idée d'indépendance syndicale à l'égard des écoles philosphique et donc aux principes syndicalistes révolutionnaires.
Néanmoins Le syndicalisme espagnol s’est ainsi affirmé en inventant le projet de société communiste libertaire: la reconnaissance du groupe humain, et non de l’individu, comme base d’organisation sociale, mais selon des principes autogestionnaire. Les collectivités d’Aragon et d’ailleurs ont été la réalisation historique de la CNT hégémonique (2 millions d’adhérents) dans la période révolutionnaire de 1936-39.

Se référant à l’anarchosyndicalisme et au syndicalisme révolutionnaire, la CNT aujourd’hui hérite d'une histoire et d'un mouvement très riche enraciné dans le mouvement ouvrier, refusant les organisations politiques, partis, de quelque obédience qu’ils soient, comme tuteurs de l’organisation syndicale. La logique d’adhésion est basée sur l’appartenance de classe, et non sur les références idéologiques ce qui permet l'union et la démocratie interne. Nous considérons le syndicat, base associative, organisation de résistance aujourd'hui comme seul modèle d'organisation respectueux d'une authentique démocratie, de l'autogestion en adéquation avec un communisme libre et autogestionnaire pour une société humaine plus juste, plus libre, plus solidaire mais également plus responsable et participative.

                         

Tract "la CNT c'est quoi ?" et "On a toujours raison de se syndiquer"; http://www.cnt-f.org/IMG/pdf/syndique_toi-2.pdf

Publié dans Théorie et histoire

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