L'accord passe entre patrons d'entreprises et patrons d'universités

Publié le par CNT Supérieur Recherche 87

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Nous nous enfonçons dans la LRU

 

Les coups bas du patronat, des gouvernements et du Capital se renforcent sur la société et le monde du travail. Les universités ne dérogent pas à la règle.

Après une lutte historique contre la réforme des retraites à laquelle les étudiant-e-s ont pris part, le monde universitaire sombre encore plus avec une nouvelle attaque.

En effet, le 23 novembre dernier, la LRU « Libertés et Responsabilités des Universités », connue également sous le nom de « Loi d'Autonomie des Universités », qui avait suscité un grand mouvement de protestation en 2007, enclenche le premier gros maillon d'une chaine qui a pour finalité la privatisation totale des universités au service des banques et du patronat.

 

En ce mardi 23 novembre, la Conférence des Présidents d'Universités (CPU) a signé une convention avec le MEDEF (organisation patronale représentant les dirigeants d'entreprises françaises) dont l'objectif est de « favoriser l'insertion professionnelle des étudiants ».

Elle envisage « l'employabilité » des étudiant-e-s comme unique finalité des études supérieures. En clair, la convention fait table rase de toute notion de culture, d'étude pour connaître, et d'esprit critique. Les études doivent forcément mener à un emploi !

Et quel emploi ! Quel avenir ! ... N'oublions pas en parallèle la réforme des IUFM, la masterisation de la recherche avec critère de sélection sociale, la division par deux du nombre de postes au concours de l'enseignement en ce début d'année universitaire et les suppressions de postes qui augmentent tous les ans de plus en plus.

 

Les patrons d'entreprises et d'universités préconisent une solution via cette convention: « le développement des stages à tous les niveaux et dans toutes les filières ». Ainsi, avec environ 2 millions d'étudiant-e-s il y a là un beau cadeau fait aux employeurs: le cadeau de la précarité, de la sous-traitance avec des travailleur-euse-s sous-payé-e-s servi-e-s sur un plateau. Les universités « sont susceptibles de répondre aux besoins de l'entreprise »... Rappelons en effet que la gratification obligatoire pour les stages de plus de 2 mois (plus de 62 jours) ne s’élève qu’à 2,75 € / heure et est imposable.

De plus, dans la lignée de la logique politique globale, cela insinue une mise en concurrence entre les étudiant-e-s en quête de stages, et donc, en plus de la pénibilité à tout gérer de front (valider ses études, valider son stage, valider le concours), l'impossibilité de valider son année pour ceux et celles qui n'y seront pas parvenu.

La signature de cette convention par les patrons d'universités ne nous étonne guère. Nous avons une idée de l'université, une logique politique et un intérêt de classe opposés !

 

La CNT, section Supérieur Recherche 87 réaffirme sa position syndicale de lutte, dans l'immédiat:

 

  • Combattre pour une université populaire, gratuite, laïque, critique, émancipée, ouverte à tous et à toutes.

  • Des logements étudiants à la hauteur des besoins demandés, sous contrôle d'assemblées de revendications.

  • Arrêt immédiat de la compétition entre structures et entre travailleurs-euses. Place à une coopération réelle, une gestion collective démocratique pour l'intérêt de tous et toutes !

  • Combattre pour la titularisation sans condition de tous les personnels sous contrats précaires et l'arrêt du recours à ceux-ci. A travail égal, salaires et statuts égaux!

  • Arrêt des privatisations d'unités et des services (sous-traitance).

  • Le remplacement systématique de tout départ à la retraite.

  • Abolition des hiérarchies salariales, et ça passe notamment par l'augmentation des plus bas salaires !

  • Pour une réflexion collective et un contrôle démocratique sur les orientations de la recherche et ses applications technologiques

 

 Où trouver des fonds pour financer tous ces projets? De l'argent il y en a !

 

Transfert des crédits militaires. L’arrêt de la recherche militaire, qui, sous prétexte d’assurer notre « défense », ne sert qu’à accroître la domination des puissances impérialistes, permettra de transférer les crédits de l’armée sur ceux de la recherche publique non mortifère.

 

Arrêt du crédit impôt recherche. Ce système qui vise à rembourser la moitié des frais de recherche des entreprises privées est scandaleux. Une fois encore c’est de l’argent public qui sert à garantir des intérêts privés (via les brevets déposés par ces entreprises). Il se monte chaque année à environ 530 millions d’euros.

 

Suppression des agences d’innovation. Les crédits énormes consentis aux «agences pour l’innovation» (ANR, AII...) représentent un autre cas de détournement de l’argent public vers des projets conformes aux exigences du monde industriel. Ces agences doivent être dissoutes, et l’intégralité de leur financement reversé dans le fonctionnement de la recherche publique.

 

 

 

Et dans l'absolu, la CNT réaffirme la finalité révolutionnaire:

 

  • Pour une université autogérée par tous les acteurs et actrices de celle-ci, les unités de recherche et d'enseignement supérieur sont gérées par des assemblées générales régulières et instances de démocratie directe, impliquant de manière égale tous les travailleurs-euses et étudiant-e-s de l'unité.

  • Abolition du salariat, abolition de l'État et destruction du système capitaliste par l'expropriation des patrons et la réappropriation des moyens de production, gestion des entreprises et de la société par les travailleurs-euses, producteurs-trices, via le syndicalisme révolutionnaire, socialisation des moyens de production et des services, partage égalitaire des richesses selon le principe « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ».

  • Édification du socialisme, d'un système communiste libre et solidaire dont les cellules d'organisation sont les syndicats (assemblées, horizontalité, démocratie directe, autogestion) pour enfin produire et gérer les services selon les besoins de l'humanité et non plus pour augmenter les profits !

 



 

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