Des coopératives comme outils pédagogiques, formateurs et éducatifs

Publié le par CNT Supérieur Recherche 87

Suite à la récente création d'une commission coopérative à la CNT, de plusieures initiatives coopératives en France ainsi qu'une initiative similaire localement de notre syndicat, voici un article expliquant la coopérative. De la Commune, en passant par les maquis du Jura, ou pendant la guerre d'Espagne, les coopératives regroupant ouvriers-ères, paysan(ne)s et artisan(ne)s ont joué un rôle important dans le mouvement ouvrier. Elles sont aujourd'hui un espoir pour une alternative à la société libérale et pour un monde meilleur.


"L'histoire de la coopérative se lie intimement à celle du socialisme"
(congrès international des associations ouvrières de production, Paris 1900)


 La coopération: une association économique


Du point de vue de sa nature, la coopération est une des formes de l'association, sachant que chez Marx le syndicalisme relève de l'associationnisme ouvrier. Le coopératisme est donc une association purement économique, société par actions dont l'objectif (partiellement partagé avec le syndicat) est l'amélioration des conditions de vie et d'existence. Cette structure économique se constitue pour obtenir une amélioration au niveau du travail (coopérative de production). Sur le plan de la production, le regroupement de coopération permet d'instaurer une nouvelle forme d'organisation du travail: salaires égalitaires, rotation sur les postes pénibles, décisions collectives; du point de vue de la production, l'association a un double but: élargir le marché à une échelle supérieure aux potentialités d'un marchand isolé et éviter la surproduction.


La coopérative d'un point de vu de classe.


Au contraire de la coopérative bourgeoise qui favorise un partage mécanique des trop-perçus entre les sociétaires au prorata de la consommation effectuée, la coopérative se situant dans une perspective de classe, révolutionnaire, organise le partage des trop-perçus selon deux axes:

- Une partie des trop-perçus est remise à tous les sociétaires en fonction de la consommation enregistrée à la coopérative.

- L'autre partie alimente des oeuvres collectives agissant pour l'émancipation sociale: caisse de solidarité, de grève, d'éducation ou dons à des syndicats.


L'exemple des Bourses du travail.


Le fondateur-animateur des Bourses du travail, Fernand Pelloutier, concevait la gestion, l'administration de ces locaux par les syndicalistes comme une action d'éducation des travailleurs-euses. La Bourse du travail est une institution ouvrière au sein de la société capitaliste. Elle permet des pratiques d'auto administratio de ses oeuvres (culture, formation, secours ect...) et a une vertue éducative.

De même que, selon Emile Pouget (militant le plus représentatif du mouvement ouvrier français. Son influence fut primordiale, avec celle de Pelloutier, à la fin du XIX° siècle et au début du XX°) les grèves partielles, locales étaient une "gymnastique révolutionnaire" préparatoire, répétition avant la grève générale, pour Pelloutier les Bourses du travail prparaient la classe ouvrière à l'autogestion de la société. Préciser ce point signifie que nous sommes très loin des conceptions romantiques du processus révolutionnaire véhiculées par différents courants spontanéistes ou assembléistes qui rêvent d'un grand soir ultime au terme duquel jaillira une nouvelle société.

Pour le syndicalisme révolutionnaire et l'anarcho-syndicalisme, il existe des taches préparatoires à la révolution et en particulier celle de former les hommes et les femmes qui seront les leviers de ce processus.
Il est évident qu'au-delà des buts immédiats des coopératives, il y a une valeur essentielle dans cette démarche: faire du producteur et du consommateur un acteur conscient. Dans une coopérative de production, le coopérateur n'est plus totalement un travailleur aliéné. Dans une coopérative de consommation, le consommateur n'est plus un client passif, asservi aux grands circuits de la distribution.
Quant au paysan qui rejoint cette démarche collective, il tisse un autre rapport avec ceux et celles auxquels sa production est destinée, sans omettre le fait de se passer des multiples intermédiaires, proxénètes de l'économie.

Pour le syndicalisme, l'intérêt de l'action coopérative est donc essentiel, quand il est possible de voir converger les complémentarités vers une finalité commune: l'émancipation sociale.

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