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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 10:05

Un membre actif de l'Association des Sans Papiers 87, Ahmed Khedim a été arrêté ce matin mercredi à son domicile par la P.A.F (police de l'air et des frontières) et conduit en centre de rétention à Toulouse. En France depuis 2001, il avait participé à la grève de la faim de l'été 2006 et aux diverses mobilisations du collectif.
 
Pour protester contre cette arrestation inhumaine, le collectif appelle tous les militants soucieux du respect des droits humains à se regrouper jeudi 4 février à 13h  devant l'entrée de la Préfecture rue des Combes.

Par CNT Supérieur Recherche 87 - Publié dans : Infos Locales
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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /Fév /2010 23:02

 

Aux Etats-Unis à partir de 1905, IWW "Industrial Workers of the World" est la première organisation syndicaliste révolutionnaire historique à appliquer concrètement l'internationalisme, l'antiracisme et l'antisexisme. Elle est également l'organsiation qui a crée le symbole du chat noir qui est aujourd'hui le logo de notre syndicat et du réseau anarcho-syndicaliste/syndicaliste révolutionnaire à travers le monde.
Les IWW constituent un pillier pour notre courant syndicaliste et la lutte en générale car nombre d'organisations de luttes: associations, partis, syndicats (comme les Black Panthers Party) se sont inspirés de l'expérience de ce syndicat en tout temps et en tout lieu.



 

 

Retour sur le symbole et l'histoire des IWW:

               

L'image du chat noir est un choix militant et révolutionnaire pour les IWW, il est le symbole du sabotage (au sens syndicaliste du terme, voir Emile Pouget "le sabotage").
Ce félin mysthérieux a, depuis l'aube des temps, inspiré la crainte, qu'il s'agisse de son identification maléfique avec la sorcellerie ou des pouvoirs magiques que lui prêtaient les esclaves africains( les IWW est le premier syndicat a lutter pour le droit et défendre les travailleurs noirs sur des bases antiracistes et internationalistes aux Etats-Unis, de même que pour les femmes sur une dimension antisexiste et antipatriarcale). Les IWW ont choisi le chat noir pour afficher leur volonté, leur détermination dans la lutte des classes en assumant et revendiquant le symbole fort en connotations.


                            

LES ORIGINES ET LES BUTS

 

 

A Chicago, le 27 juin 1905, eut lieu, le congrès constitutif des I.W.W. contre les trade-unions dénoncées deux ans plus tard par Malatesta, contre le corporatisme des trade-unions américaines, il était proposé un seul syndicat pour tous les travailleurs " One big union, of all workers ".
Toutes les tendances du mouvement ouvrier, révolutionnaire étaient présentes à Chicago pour affirmer que les travailleurs devaient s'organiser pour contrôler "les pouvoirs économiques, les moyens de production, l'ensemble de la production et de la distribution en s'opposant au capital".
Le congrès avait été précédé de réunions à Chicago dans le but de créer un syndicat révolutionnaire un manifeste avait été ensuite envoyé à travers les Etats-Unis, en guise d'invitation au congrès du 27 juin. Ce manifeste, qui était opposé à l'action politique, ne faisait parmi les travailleurs aucune différence de race, croyance ou sexe. Le moyen d'émancipation de la classe ouvrière était la grève générale sociale.
Les I.W.W. proposaient la solidarité effective de tous les travailleurs (alors que les trade-unions restaient dans la collaboration de classe et le corporatisme), et se présentaient comme la structure du nouveau monde. L'American Socialist Labor Pa.rty tenta de transformer les I.W.W. en une succursale de leur organisation. Les discussions internes entre partisans de l'action directe et ceux de l'action politique conduisirent à une scission au congrès de 1908. Le socialiste De Leon voulant introduire le parlementarisme dans les finalités des I.W.W, fut exclu du congrès. Il fonda avec ses partisans une organisation rivale basée à Detroit et qui était la courroie de transmission du Socialist Labor Party. Dans, le journal socialiste The Weekly People, il attaqua jusqu'à sa mort les " anarcho-syndicalistes " des I.W.W.
Une des premières actions du congrès de 1908, après l'éviction de la fraction socialiste, fut d'enlever toute allusion à l'action politique dans le préambule (2). L'action des travailleurs devait se faire, sur le lieu du travail. C'est là que 1'on formerait la structure du monde nouveau dans l'ancien. " Les I.W.W., le syndicat regroupant tous les ouvriers, prendrait en main, par la grève générale les moyens de production, il abolirait le salariat et établirait un nouvel ordre social. " Malgré les discussions intérieures, l'idéal des I.W.W. se répandait aux Etats-Unis.
C'est dans la banlieue de New York en décembre 1906 que se déroule la première grève avec occupation d'usine, en Amérique. A Goldfield dans le Nevada, une grève menée par les I.W.W, assure un minimum de 4,50$ par jour. A Portland, dans l'Oregon, les I.W.W. aident à gagner la journée de 9 heures et une augmentation de salaire pour les travailleurs des filatures. Tous ces succès renforcent la popularité des I.W.W. dans le monde du travail.
Vincent St John et Bill Haywood exposèrent au congrès de 1908 les tactiques de l'action directe qui imprégnait toute 1a philosophie des I.W.W. Une brochure définissait le mot action directe de cette façon : "L'action directe signifie l'action économique des travailleurs, eux-mêmes, sans l'aide trompeuse des leaders réformistes ou de politiciens. Une grève qui est décidée, contrôlée et menée directement par les travailleurs est une action directe.., l'action directe c'est l'action commune sur le lieu de travail pour améliorer les conditions de celui-ci."
C'est au milieu des travailleurs que les militants des I.W.W. vérifient leurs tactiques d'action directe.

Ainsi, en 1909, en Pennsylvanie à McKees' Rocks, 6000 employées de la Pressed Steel Car Company (3) se mettent en grève pour de meilleures conditions de travail, entre autres pour mettre fin au travail à la pièce. Ce sont pour la plus part des immigrés récents que l'A.F.L. rejette. Un comité de grève I.W.W. se forme qui détermine la stratégie de lutte. Des piquets de grèves interdisent aux jaunes (Scabs) de briser le mouvement, des meetings et des manifestations popularisent la grève. Lors d'un accrochage avec la police un gréviste sera tué, il y aura à son enterrement plus de 5 000 personnes de quinze nationalités différentes.
Le premier numéro de Solidarity journal des I.W.W. (4), imprimé à Newcastle, en Pennsylvanie, annonça la victoire. La grève de McKees-Rocks avait apporté de meilleures conditions de travail, mis fin aux entraves au droit de grève et fait grandir 1a réputation de combativité des I.W.W.
Pour les " Wobblies " (militants I.W.W.) la grève était un moyen de lutte contre le système capitaliste et en même temps une occasion de manifester la solidarité de classe. Les grèves sont donc un entraînement pour la grande grève générale qui expropriera les exploiteurs. La grève générale était envisagée par les I.W.W. de manière plutôt pacifique. Les travailleurs prendraient en charge les moyens de production en occupant tous les lieux de travail.
Cette idée fut reprise par un militant des I.W.W., Joseph Ettor, durant une grève du textile; le 25 janvier 1912 à Lawrence : "Si tous les travailleurs du monde veulent vaincre, ils doivent compter sur leur solidarité. S'ils croisent les bras, le monde s'arrêtera. Les travailleurs sont plus puissants les mains dans les poches que tous les capitalistes. Avec la résistance passive, refusant de bouger, se tenant silencieux, ils sont plus puissants que toute la classe possédante." Jusqu'à la grève générale, il fallait pour préparer celle-ci développer " la solidarité, la conscience de classe et le militantisme ".
Les grèves faisaient partie du combat perpétuel entre la classe possédante et les travailleurs, combat qui comme le rappelle le préambule des I.W.W. doit mener au contrôle complet par la classe ouvrière des moyens de production, les grèves n'obtenant que des améliorations temporaires mais nécessaires.

Les tactiques de l'action directe des Wobblies s'adaptaient aux circonstances, aux différentes conditions de travail. De courtes actions décisives étaient souvent préférées, quand les I.W.W. ne pouvaient soutenir financièrement de longues grèves. Les grèves perlées, les grèves sur le tas et le sabotage étaient différents moyens pour gagner de rapides concessions. L'utilisation du sabotage dans les actions revendicatives des travailleurs a toujours été l'objet de nombreuses controverses.
Le mot " sabotage " semble avoir été utilisé pour la première fois publiquement par Pouget à un congrès C.G.T. en 1897.
Ce mot apparut pour la première fois aux U.S.A. dans Solidarity du 4 juillet 1910 au sujet d'une grève de 600 ouvriers tailleurs qui demandaient la réintégration d'un de leurs camarades. Ils refusèrent de travailler et quand des jaunes furent introduits à leur place, les travailleurs des autres firmes Lann et Company sabotèrent si bien le travail que la compagnie consentit à la plupart des revendications des grévistes.
La controverse sur le sabotage trouva son apogée à un congrès du parti socialiste en 1912. Le Socialist Labor Party n'acceptait pas pour membres ceux qui étaient opposés à l'action politique ou partisans du sabotage ou de tout autre moyen violent pour l'émancipation du prolétariat. C'est ainsi que l'aile gauche du parti fut exclue.
Un militant des I.W.W., Bill Haywood subit le même sort. Il avait été délégué en 1910 au congrès de la IIè Internationale en Europe et déçu, en revint pour militer pour un socialisme, en " bleu de travail ", pour l'action directe et la grève générale. Dans la presse des I.W.W., les articles sur le sabotage furent particulièrement nombreux entre 1913 et 1917, quand la répression porta un coup mortel à l'organisation.
Depuis 1910, il y avait eu surtout des traductions d'articles européens. La position officielle des I.W.W. s'est toujours un peu démarquée vis-à-vis du sabotage.
Ainsi en 1913 on pouvait lire dans Industrial Worker : " Le programme des I.W.W. offre la seule solution au problème du salariat, solution avec violence ou au mieux réduite au minimum. " De toute façon dans la littérature et les journaux des I.W.W, le sabotage restera toujours avec le chat noir le symbole de l'action directe (5).
Dans la réalité nombre de grèves menées par les I.W.W. se déroulèrent sans violence. Les patrons américains par contre ayant vu le danger de cette organisation syndicaliste révolutionnaire, armèrent leurs propres milices... La presse manoeuvra l'opinion publique en présentant les Wobblies comme des terroristes lanceurs de bombes, puis des saboteurs allemands payés par l'or du Kaiser, enfin des bolcheviques voulant soviétiser les U.S.A.


     


PROPAGANDE ET GREVES


 

Malgré toute la campagne de presse dirigée contre eux les I.W.W, continuaient d'étendre leur influence et de propager l'idée de "One big union for all workers". Nombre de leurs militants étaient travailleurs saisonniers et diffusaient le Little Red Book (chansons pour activer les flammes du mécontentement), recueil de chansons révolutionnaires qui contribuèrent à populariser le mouvement des I.W.W. dans la classe ouvrière.
Toutes les idées des I.W.W, étaient contenues dans ces chansons qui soit à partir de musiques originales, soit reprenant des airs connus, retraçaient les luttes des travailleurs. Joe Hill membre des I.W.W, fut l'un de ces bardes itinérants qui traversaient les U.S.A. en quête de travail, allant d'une union locale I.W.W, à l'autre. Selon le folkloriste John Greenway ce petit recueil de chanson fut " la première grande collection de chansons de travail." Il était édité par l'union locale I.W.W. de Spokane ; beaucoup d'ouvriers étaient obligés par leur travail saisonnier de parcourir Continuellement les U.S.A., et pouvaient ainsi propager partout l'idéal syndicaliste des I.W.W.
Une autre forme d'action directe développée par les I.W.W. fut la prise de parole dans la rue, nommée "soap box speeches" car pour parler, l'orateur se mettait sur une caisse à savon (soap box). Pour obtenir le droit de s'exprimer dans la rue, les militants des I.W.W. menèrent de rudes campagnes de 1908 à 1916.
Ce, droit était vital pour les I.W.W, car il leur permettait de contrer les agences d'emploi et d'organiser le boycottage de celle-ci. Les employeurs devaient passer par 1e syndicat, par l'union locale I.W.W. remplissant alors le rôle d'une bourse du travail.
A travers ces campagnes les unions locales comme celle de Spokane obtinrent, le droit à la parole, celui d'avoir un local et de publier un journal. Dans les régions où ils n'étaient pas implantés, les I.W.W. recrutaient de nouveaux adhérents par leurs "soap box speeches".
En même temps qu'une méthode d'action directe ce droit était vital pour eux.
On pourrait penser que les I.W.W. ne pouvaient s'implanter et avaient une influence que parmi les travailleurs saisonniers comme les bûcherons et les cueilleurs de fruits. Il est vrai, que la propagande des I.W.W. avait un grand écho parmi ces travailleurs à la merci des employeurs (pour la cueillette des fruits ceux-ci faisaient venir deux fois plus de travailleurs qu'ils n'en n'avaient besoin, ce qui leur permettaient d'imposer de très bas salaires).
Mais l'influence des I.W.W. atteignit aussi les centres industriels.
Ainsi, en janvier 1912, 25 000 ouvriers des filatures de Lawrence menèrent une grève de dix semaines, reprenant les mots d'ordre des I.W.W. Lawrence était le plus grand centre textile des U.S.A., surpassant par sa production tous les autres. Les principales filatures appartenaient à l'American Woolen Company (34 usines en Nouvelle-Angleterre) qui avait un revenu annuel de 45 millions de dollars.
Les filatures de coton et de laine employaient plus de 40 000 ouvriers, ils étaient pour la plupart non qualifiés, venus d'Europe attirés par les promesses des "envoyés " de l'industrie américaine du textile. Mais malgré une protection gouvernementale des tarifs dans l'industrie lainière, les salaires et les conditions de vie des travailleurs de la laine avaient constamment diminué depuis 1905.
Dans les filatures fut instauré le système des deux métiers à tisser (two-1oomsystem) ce qui doublait le travail des femmes et des entants qui y travaillaient. Le chômage suivit, tandis qu'à Lawrence le coût de la vie était le plus élevé de la Nouvelle-Angleterre, les loyers les plus hauts. Le pain et les haricots étaient le repas habituel des travailleurs, la viande était extrêmement rare.
Selon la commission de contrôle du ministère du travail il y avait sur les 22 000 ouvriers plus de la moitié de femmes et d'enfants. La moitié des employés des quatre filatures de Lawrence de l'American Woolen Company étaient des jeunes filles de 14 à 18 ans.
La mortalité était aussi très élevée, le docteur Elizabeth Shapleigh écrivait à cette époque : "Un nombre considérable de garçons et de filles meurent dans les deux ou trois premières années de travail, un tiers des hommes et des femmes qui travaillent dans les filatures meurt avant vingt-cinq ans" Le 1er janvier1912, les législateurs de l'Etat de Massachusetts font passer une loi réduisant la semaine de travail de 56 à 54 heures pour les femmes et les enfants, réduisant ainsi leurs salaires.
Les I.W.W. organisaient à Lawrence les travailleurs étrangers depuis l907 et avaient prés d'un millier d'adhérents. Dans l'A.F.L. United Textile Workers se retrouvent 2500 ouvriers qualifiés de langue anglaise. Les tisseuses polonaises des filatures cotonnières de l'Everett furent les premières à débrayer le 11 janvier quand elles remarquèrent une baisse de 35 cents dans leurs enveloppes de paye. Dans tout Lawrence les travailleurs débrayèrent et pour la première fois dans l'histoire de la ville les cloches sonnèrent l'alarme générale.
De New York vint Joseph Ettor du bureau exécutif des I.W.W. Il avait 25 ans, parlait anglais, italien et polonais, comprenait le hongrois et le yiddish. Sous son impulsion la grève se coordonna et un comité de grève fut élu par les travailleurs. Chaque nationalité avait élu deux représentants, chaque matin le comité se réunissait pour prendre en charge tous les aspects de la grève.
Les revendications étaient : 15% d'augmentation, 50 heures par semaine, double paye pour les heures supplémentaires et pas de représailles, pour les grévistes.
Le maire de Lawrence exprima très clairement son opinion : "La grève aurait dû être arrêtée dans les premières 24 heures. La milice et la police auraient dû être autorisées à tirer. C'est la façon qu'employait Napoléon 1er". Par le comité de grève les familles reçoivent de 2 à 5 dollars par semaine.
Les dix semaines de grève de Lawrence furent exemplaires, c'était aussi 1a première fois que tant de travailleurs non qualifiés se reconnaissaient dans l'idéal des I.W.W. John Golden président de l'A.F.L. United Textile Workers dénonça la tactique d'action directe des I.W.W. comme "révolutionnaire" et "anarchiste", il tenta sans succès de prendre la direction de la grève. Les leader des I.W.W., Enor et Giovannitti (socialiste italien) furent arrêtés dans le but de briser la grève.
Mais les I.W.W. envoyèrent à Lawrence, Bill Haywood,.Willam Trautmann, Elizabeth Gurley Flynn et plus tard Carlos Tresca un anarchiste italien.
Il y eut plus de 15 000 grévistes à la gare pour accueillir Haywood et ses camarades !
La répression devenant plus dure, la grève prit de nouvelles formes.
Par exemple un piquet de grève de milliers de travailleurs marchait à travers les tissages avec des brassards : "ne sois pas un jaune " (Don't be a scab). Quand cette tactique était interrompue par la police, les manifestants formaient un va et vient incessant dans les boutiques sans rien acheter, ce qui effrayait les commerçants.
Dans le courant de février 1912 des enfants de grévistes furent envoyés dans des familles amies à New York et Philadelphie. Malgré la presse, l'opinion publique fut sensibilisée, et la combativité des travailleurs de Lawrence ne baissant pas, l'American Woolen Company accorda toutes les revendications des grévistes le 12 mars 1912. Dans toute la Nouvelle-Angleterre les salaires de tous les travailleurs du textile furent augmentés.
Lawrence ne fut pas la seule grande grève où les I.W.W. furent présents : Paterson en1913 (où une pièce de théâtre fut jouée au Madison Square Garden par les grévistes, eux-mêmes) ; la grève des bûcherons en 1917 qui paralysa 80% de la production du sud-ouest des U.S.A. ; les grèves dans les mines de cuivre en Arizona, ne sont que des exemples les plus célèbres.
Leur influence débordait largement le nombre de leurs adhérents (les I.W.W ne dépassèrent jamais 100 000 membres), mais c'est eux qui avaient l'initiative, c'est eux qui étaient à la pointe du combat.


                                


LE DÉCLIN DU MOUVEMENT

 

Dés le début de la Première Guerre mondiale les I.W.W. se déclarèrent contre celle-ci : "Ne sois pas un soldat, sois un homme. Rejoint les I.W.W. et combats sur ton lieu de travail pour toi-même et ta classe ", disait une affiche des I.W.W. en 1916.
Cette courageuse position value aux I.W.W. d'être déclarés "hors la loi".
Une campagne de presse habilement menée les désigna comme les agents du Kaiser. La répression qui s'était déjà annoncée dans les premières années battit alors son plein. On peut dire que le mouvement des I.W.W. fut décapité pendant la guerre, tant nombreux sont les militants assassinés par les milices patronales.
En France le gouvernement envoyait la troupe contre les grévistes, de la C.G.T. Aux U.S.A. le patronat n'y allait pas de main morte, et finançait lui-même ses bandes de tueurs sans faire appel au gouvernement.
En 1918, l'éditorial d'un grand quotidien d"Oklahoma, le Daïly World est significatif à cet égard ; " Le premier pas dans la victoire contre l'Allemagne est l'écrasement des I.W.W. Tuez-les comme vous tuerez des serpents. Il n'y a pas de temps ni d'argent à perdre dans des procès. "
Au printemps 1917, 1e ministère de la Guerre sous la pression du capitalisme américain avait donné le signal, en permettant aux autorités militaires d'arrêter les membres des I.W.W. qui " usaient de violence ou avaient l'intention d'en user ". Durant l'été 1917 des troupes armées " dispersaient " des meeting I.W.W., mettaient à sac leurs locaux. Dans certains Etats, au nombre de 23, furent adoptées les lois contre le " syndicalisme criminel " qui interdisaient aux I.W.W. toute activité.
La révolution russe fut ; pour certains militants des I.W.W. un immense espoir vite anéanti en 1921 par les positions de l'Internationale des syndicats rouges : 1es communistes russes étaient semblables aux politiciens du Socialist Labour Party.
Mais la naissance du parti communiste (1919) provoqua une scission dans les I.W.W, en 1924. L'organisation déjà très éprouvée par les années de guerre ne surmonta pas cette crise. Les limites de cet article ne nous permettent pas d'approfondir les causes de la chute des I.W.W.
Nous remarquerons simplement qu'entre les deux guerres les "communistes" appuyèrent les lois antigrève du gouvernement. Les I.W.W. durent reprendre tout leur travail de propagande contre les trade-unions qui maintenant acceptent les travailleurs non qualifiés (6). Le mouvement des I.W.W. réapparaît aujourd'hui, au milieu de grèves " sauvages ", leur journal mensuel " Industrial Worker reflète la vie des travailleurs américains, et ne présente pas cet aspect déprimant des publications d'organisations vivant dans le souvenir d'un passé glorieux. 
La possibilité leur est maintenant donnée de faire de la propagande légale.
Réussiront-ils ?
Un exemple a été de faire un travail commun CNT et IWW sur une campagne dans les starbucks coffee



Par CNT Supérieur Recherche 87 - Publié dans : Théorie et histoire
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Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 22:38
L'activité militante peut s'employer à divers échelles, nous entendons agir dans tous les domaines y compris la culture. La contre-culture (mouvement culturel contestataire) s'est manifesté par une multitude de mouvements à travers l'histoire et la pratique, voici deux magazines traitant de sujets culturels et politiques engagés de taille et que nous conseillons vivement:

 

BARRICATA


http://contre.propagande.org/pravda/index.php


Le fanzine Barricata existe depuis 1999. De 2004 à 2007, il a participé aux activités du collectif du même. Il rassemble une poignée de militants libertaires et activistes musicaux issus des mouvances RASH (Red and Anarchist SkinHeads) et anarcho-punk. Viscéralement opposés à l'enfermement d'Etat, au système capitaliste, à toutes les formes de fascisme, investis dans combats de notre temps, convaincus qu'un autre futur est possible, nous ouvrons nos colonnes aux dissidents culturels, politiques et anarcho-syndicalistes.

Voici le dernier numéro
 Au sommaire :

- Brèves, actu
- L'arsenal antiterroriste législatif
- Cartouche, à corps perdu.
- Ivan, RIP.

- Dossier Israël-Palestine, l'égalité ou rien !
Articles et interviews :
Michel Warschawski, un anticolonialiste en Israël
Raed, les raisins de l'autogestion
Natanya, une pacifiste au coeur des oliviers
Youssef Habache, porte-parole des Health Work Committees
Keren, une anarchiste contre le mur
The Freedom Theater, quand la culture fait sens
Le Bund, une Atlantide révolutionnaire

Mais aussi :
- Arditi del popolo
- Heyoka déterre la hache de guerre.
- Redkick, la grande lueur à l'Est
- Les Évadés. Aucun appel au calme.
- Skalpel : rap et militantisme.
- Chroniques de disques
- Zines et revues
- Nouvelles d'ici et d'ailleurs
- Lectures

n'hésitez pas à vous abonner et consulter le site: http://contre.propagande.org/pravda/index.php
Image


CHERIBIBI


http://www.cheribibi.net/

Populaire: "Qui appartient au peuple, qui concerne le peuple, issu du peuple"  (dictionnaire Larousse)


La culture populaire est trop souvent confondue avec ce qu’elle n’est pas.
Elle n’est pas de «l’animation sociale» institutionnellement commanditée pour désamorcer la légitime colère du populo en lui faisant faire des graffitis en spaghetti prônant la paix sociable sur la blême façade de la cité où on l’a parqué.

Elle est encore moins cette « culture de masse » fabriquée à la chaîne par l’industrie spectaculaire moderne, formidable machine de guerre envers les expressions authentiquement populaires qui, dès qu’une recette peut en être dégagé, sont pillées à des fins de récupération purement mercantile. Née de la vie quotidienne, souvent connue sans être toujours reconnue,elle ne saurait être cette bouillie consensuelle qui martèle des modèles de vie prédéterminés, une vision aseptisée de la musique, du cinéma, du théâtre, de la littérature, une image préfabriquée du réel dans une méfiance absolue envers tout hors champ et toute marge qui ne rentre pas dans les cases.
Non, qu’elle vienne d’Afrique ou d’Asie, de la Jamaïque ou de la banlieue de Paris, la culture populaire est trop jubilatoire pour être fabriquée en laboratoire.

Polar dévoré dans le métro, pochoir croisé sur la route du boulot, groupe punky reggae du petit dernier ou souvenirs de bal musette transmis par une grand-mère ouvrière, la culture populaire prend les formes les plus variées. Encore faut-il la remarquer, la promouvoir et la diffuser. Il apparaît donc nécessaire de lui rendre justice, qu’elle soit contemporaine ou d’un autre siècle, tombée dans l’oubli ou au mieux reléguée au second plan par les historiens… voire -horreur- considérée comme le summum du « kitsch » par une petite élite snobinarde en mal de sensations épicées.

Zonard curieux (ou curieux zonard?), le ChériBibi dérive dans les recoins malfamés où ne s’aventure guère la lumière blafarde des lampadaires médiatiques.
Du rock’n'roll au reggae en passant par la littérature de gare, le cinéma de genre, le théâtre de rue, la bande dessinée et l’illustration, il cause de ce qui appartient, de fait, à tous et à toutes. Car reconnaître le statut exceptionnel des multiples créations de la vie quotidienne, en explorer les innombrables aspects, c’est permettre à tout un chacun de prendre conscience qu’il est l’acteur de sa propre culture.

Par les mots et par l’image, la volonté de ces pages est de rendre hommage à cette créativité qui ne s’est pas façonné dans les officines publicitaires mais dans les rues d’ici ou d’ailleurs, dans les champs de coton plutôt que dans les salons, dans les faubourgs de Kingston en 1969 ou à Roubaix le mois dernier.
C’est à la fois le tribut que nous entendons payer à nos aînés -des pionniers du roman-feuilleton à ceux du rhythm & blues- autant que la visibilité que nous souhaitons apporter à tous ceux et toutes celles qui, aujourd’hui, font vivre la culture populaire malgré la pression écrasante des chantres de la malléabilité des cervelles.

Qu’on se le dise, ChériBibi, revue « transgenre » paraissant approximativement tous les 6 mois sauf en cas d’insurrection généralisée ou de guerre bactériologique déclarée, entend bien briser les consensus, écarter les œillères, faire déborder les marges, désenclaver les cultures populaires et mettre un grand coup de latte dans la fourmilière d’une presse spécialisée à outrance où la variété des titres ne cache que le conformisme de la pensée.
Si la culture est une arme, nous entendons bien en être la gâchette.

« Qui qui fait sauter tout l’fourbi ? C’est Chéri-Bibi ! C’est Chéri-Bibi ! »

Dernier numéro
Au sommaire:

CHÉRIBIBEAT (musique populaire)

Page 4:   Causerie avec Inner Terrestrials !
Les intraterrestres débarquent !
Page 16: Sur un air de panthère
L’univers musical des Black Panthers en long, en large et en travers
Page 20: Causerie avec The Last Poets
Les derniers poètes furent les premiers rappeurs
Page 28: Rap Panthers Fight the power !
 
Page 31: Du Son Des Oubliettes : Mickael Franti
Retour sur un disposable heroes of hiphoprisy
Page 58: Chanson Populaire : Street Fighting Man
Pierre qui roule dans la gueule des flics en tabasse maousse
Page 59: Chroniques disques, skeuds, galettes chouettes
 
Page 61: Reggaemotion : BlaXreggae
La Jamaïque à l’heure de la blaxploitation
Page 64: Mondo Punk : Indo Punk
Traversez l’Indonésie en Doc Martens !
Page 78: Les Hérauts Du Peuple Sont Immortels
Dernière causerie avec Alton Ellis et c’est bien triste

CHÉRIBIBIS (cinéma populaire)

Page 32: BlaXpanthers
Le lynchage de l’Oncle Tom inna blaxploitation style
Page 42: Causerie avec Melvin Van Peebles
Watch out, a baad asssss nigger is coming back to collect some dues…
Page 56: Bobines Chéries : Mister Freedom
Le déKlein de l’empire américain

CHÉRIBIBLI (BD, littérature & illustration populaire)

Page 4 & 89: Verminax, le gredin de l’ombre
Notre grand feuilleton BD à suivre, par Tôma
Page 14: Panthères littéraires
Y’a-t-il une littérature Black Panther ?
Page 52: Bibillustr’ : Emory Douglas
La patte des Panthers
Page 59: Bébert l’as du hold-up de M’ sieu Gomé
Il revient et il n’est pas content
Page 73: Chérie Noire : Constat d’échec
Une nouvelle indonésienne de Fred le Râleur
Page 88: Chroniques bouquins



Par CNT Supérieur Recherche 87 - Publié dans : Culture Populaire/Contre-Culture
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Jeudi 28 janvier 2010 4 28 /01 /Jan /2010 20:26

       
Article dans le Barricata n°19 été 2009

La séquestration et l'occupation sont deux formes d'action directe employées par les travailleurs depuis plus d'un siècle.

Depuis quelques mois, les séquestrations de cadres ressurguissent avec force. Homme spolitiques et représentants du patronats hurlent au retour de la Terreur et du bolchevisme, en passant par les khmers rouges ! Propagande grossière. Quitte à convoquer l'histoire, ces formes actuelles de la lutte sociale gagnent plus à être comparées aux occupations d'usines qui apparaissent lors de la III° République. On constate alors la réactivation d'une pratique ouvière née au lendemain de l'écrasement de la Commune et qui s'épanouit lors du Front Populaire. Pas mal pour une classe ouvrière qu'on disait moribonde et sans repères, convertie au libéralisme.

L'occupation du lieu de travail répond à plusieurs impératifs: constituer un piquet de grève pour débusquer les "jaunes" et surtout s'approprier son lieu de souffrance et d'oppression, prendre une revanche symbolique, ce que résume Simon Weil, en juin 1936: "Il s'agit, après avoir tout subi, tout encaissé en silence pendant des années, d'oser enfin se redresser. Se tenir debout, prendre la parole à son tour. Cette grève est en elle-même une joie. Une joie pure. Une joie sans mélange. Joie de parcourir librement ces ateliers où on était rivé sur sa machine. On se promène parmi ces machines auxquelles on a donné pendant tant et tant d'heures le meilleur de sa substance vitale et elles se taisent."

               

Dans ces conditions festives, dans cette zone autonome temporaire, l'encadrement et la maîtrise n'ont plus leur place. Ils sont le plus souvent interdits d'usine, ou s'ils y rentrent brièvement, doivent passer sous les fourches caudines des grèvistes: "joie de passer devant les chefs la tête haute, de les voir se faire familier par force, serrer des mains, renoncer complètement à donner des ordres. Joie de les voir attendre docilement leur tour pour avoir le bon de sortie que le comité de grève consent à leur accorder".
Si la grève est victorieuse, nul besoin de séquestrer patrons, cadres ou contremaîtres. L'occupation de l'usine n'est pas un désordre mais un ordre alternatif et éphémère, plus juste et plus respectueux de l'adversaire de classe que ne l'est l'oppression patronale.
Mais au début de la III° République, vers les années 1880, le rapport de force tourne rarement à l'avantage des grèvistes. Lorsque la lutte se fait violente, que la spirale répressive s'enclenche (briseurs de grèves, lock-out, envoi de la troupe) les ouvriers-ères se rendent parfois en cortège jusqu'à la demeure du patron pour rendre coup pour coup.
                                                                                               
   
Au XIX siècle, cela semble assez aisé. Dans le cadre d'un capitalisme paternaliste (parfois presque féodal) le patron vit souvent près de l'usine. Dans ces véritables jacqueries urbaines, les grèvistes pénètrent le spropriétés et les mettent à sac, comme à Carmaux en 1869 au château du marquis de Solanges. Mais le plus souvent, ils n'atteignent pas le maître, et doivent se contenter de détruire le pavillon du gardien, tel à Roubaix en 1890. Plus fréquement encore, les gendarmes interviennent avant que la propriété ne soit forcée. Les manifestant-es en sont réduits à casser quelques vitres, signifiant ainsi qu'eux aussi peuvent porter la lutte jusque dans l'intimité de l'ennemi de classe. Le patron semblant difficile à atteindre, cadres et contremaîtres sont le sprincipales cibles. Le plus célèbre d'entre eux esy l'ingénieur Watrin, intermédiaire impitoyable de la politique patronale à Decazeville, séquestré puis défenestré en 1886. La mort de Watrin reste exception dans les luttes coailes, mais dans le monde ouvrier, et pour d elongues années, le verbe "watriner" se conjugue à tous les temps, promesse de vengeance qui ne se traduit pas acte, tout au plus à quelques impudents et imprudents chefaillons s'aventurant dans l'atelier reconquis sans en avoir assimilé les nouvelles règles.

         

Comparons ces occupations d'antan à celles d'ici et maintenant. Si les occupants de Continental et de Caterpillar, de Molex et d'ailleurs, font preuve de la même déterminatio,; de la même capacité à s'auto-organiser, et donnent toujours une leçon de dignité, un autre point troublant apparait: que ce soit à l'époque du paternalisme ou à celle de l'actionnariat mondialisé, le décideur est difficile à atteindre. Quelque soit la proximité géographique, le système rend l'élite capitaliste quasi-inaccessible. Alors, faute d emieux, la pression s'exerce sur les sous-fifres, ingénieurs imbus de leur connaissance et chefs d'équipes autrefois, directeurs et DRH arrogants aujourd'hui. Mais, différence de taille, les occupations présentes apparaissent moins violentes.
Aucun coup n'a été porté sur les séquestrés. La seule violence que les grèvistes assument est symbolique, et prendre l'allure d'une pédagogie par le fait. Contraindre le cadre sur son lieu de travail, lui interdire une liberté de mouvement, le mettre sous pression, ne pas écouter se splaintes c'est lui faire éprouver ce que c'est que la condition ouvrière. Mais eux ne connaîtrons cette pression que le temps d'une séquestration, ainsi que l'affirmait l'un des ovuriers de Caterpillar à la sortie du tribunal.
Dernière différence, elles sont aussi moins festives qu'elles ne l'étaient lors de la "Grande dépression" des années 1880 ou pendant l'espoire de juin 1936.
Qu'en déduire, sinon que la colère gronde ?

Par CNT Supérieur Recherche 87 - Publié dans : Théorie et histoire
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Mardi 26 janvier 2010 2 26 /01 /Jan /2010 16:42

On pourrait se demander pourquoi, entre toutes les forces voulant opérer une transformation sociale de manière socialiste (au sens large), organisations à grandes ou petites échelles, groupuscules... nous avons fait le choix d'un courant révolutionnaire bien spécifique.

Pourquoi le syndicalisme révolutionnaire et l'anarchosyndicalisme ?

Parce que la lutte revendicative passe par le syndicat qui est l'émanation directe de la volonté collective, la matérialisation de la revendication des travailleurs/euses, il est un outil au service de la pratique de terrain. Parce que nous préconisons la participation active au syndicalisme qui correspond à une certaine pratique de masse et de classe des travailleurs-euses, car le syndicat (tel qu'il a été conçu lors de sa concrétisation avec la CGT) développe une démocratie authentique: le fédéralisme,  l'auto-organisation des luttes, l'entraide mutuelle, la solidarité, l'action interprofessionnelle, l'altruisme et une finalité de transformation autogestionnaire de la société.
Nous, syndicalistes révolutionnaires, refusons la division du travail social-démocrate: d'un côté le parti (toutes tendances confondues) qui s'accapare le monopole de toutes les questions de société, et de l'autre, le syndicat qui devrait être cantonné aux revendications immédiates dans l’entreprise.
Le syndicat est à la fois l'organisation basée sur l'urgence, la résistance, qui lutte pour l'amélioration des conditions de vie et de travail immédiates:

 

Qu’est-ce qui a fait l’intérêt des services publics ?

Une nationalisation dirigée par des technocrates ou le contrôle ouvrier imposé par des syndicats de classe puissants?

 


Qu’est-ce qui a fait la force de la sécurité sociale en France?

Sa tutelle «publique» ou le salaire socialisé défendu par des confédérations syndicales de combat?

 


Qu’est-ce qui a fait la force de la sociabilité de la classe?

Des associations financées par les collectivités territoriales ou l’investissement des militants syndicaux dans des organisations ouvrières d’entraide?

 


Qu’est-ce qui a fait la force du mouvement ouvrier?

Des partis gérant une multitude d’institutions bourgeoises ou des confédérations autrefois organisées à partir des syndicats d’industrie et des Unions Locales ?

 


Qui a obtenu les acquis sociaux de la classe salariale?

Des campagnes électorales ou les luttes interprofessionnelles lancées par les organisations syndicales?


Le syndicat de type syndicalisme révolutionnaire est aussi l'organisation de transformation sociale et révolutionnaire.
Pour nous, l’organisation syndicale doit être porteuse de sa propre stratégie politique de transformation de la société, élaborée en toute indépendance car elle est l'organisation légitime et historique de la classe ouvrière.

Cette indépendance est basée sur l'appartenance de classe et de lutte pour construire un véritable raport de force et mettre à bas le capitalisme reproduisant les schémas historiques de dominations politiques, économiques et culturelles. Les classes sociales sont déterminées, dans la production, par leur place dans les rapports de pouvoir (qu’il s’agisse de la production des biens matériels, des marchandises, des équipements, ou de la production des services) et que cette production s’effectue dans le secteur privé ou dans le secteur public.
Par luttes de classe, nous entendons donc les luttes menées dans les entreprises ou concernant le travail, le chômage, la précarité, et les luttes menées dans le reste de la société, lorsqu’elles mettent en jeu les antagonismes de classe.

- Par classe capitaliste nous entendons l’ensemble des catégories qui se trouvent aux postes de commande dans la production et dans la société, et qui décident de la répartition de la plus-value.
- Par "prolétariat", nous entendons l’ensemble des groupes sociaux sans pouvoir réel de décision sur la production, et contraints à vendre leur force de travail sous la forme du salariat. Il est composé à sa base par les travailleurs manuels, ouvriers et employés. Avec à leurs côtés des travailleurs intellectuels dominés et exploités: techniciens, enseignants…

Le syndicat est bien entendu l'organisation la plus à même d'agir sur tous les fronts de l'exploitation et l'oppression qu'elles soient économiques, politiques ou moralisatrices/symboliques ce pourquoi la CNT mène un combat radical contre le sexisme, le fascisme, le racisme, l'impérialisme, le capitalisme, la xénophobie...
A la société capitaliste et à la démocratie parlementaire nous voulons opposer un communisme libertaire et une démocratie directe de modèle syndicaliste.

-«Communisme»: une société fondée sur la mise en commun des moyens de production, sans appropriation privée ou privative, centralisée, c’est-à-dire sans classe et sans État.
-«Libertaire»: une société qui a pour objectif et pour condition l’émancipation de la société, des travailleurs-euses et des individus, qui passe par l’égalité économique et la démocratie de bas en haut de la production et de toute la société.

Par CNT Supérieur Recherche 87 - Publié dans : Théorie et histoire
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